La vaisselle en bambou est une fausse bonne idée, et voici pourquoi

Publié le 22 février 2021 

Pourtant très populaire auprès des parents comme alternative au plastique, la vaisselle en bambou va bientôt disparaître des rayons des magasins suite à l’annonce de son interdiction en Europe.
En cause ? La présence de mélamine, utilisée pour maintenir ensemble les fibres de bambou, mais qui s’avère potentiellement nocive lorsque le matériau est soumis à une température élevée.

 

Cela fait quelques années maintenant que la vaisselle en bambou réutilisable s’est imposée auprès des familles comme la solution idéale pour les enfants. Assiettes (parfois compartimentées), couverts, bols, gobelets, et même lunch box sont déclinés dans ce matériau, qui plaît pour sa résistance aux chocs et ses jolis motifs, mais aussi sa composition prétendument plus naturelle que le plastique.

De récentes études ont cependant montré que cette réputation qui lui était associée était trompeuse, car pour maintenir ensemble les fibres de bambou, on utilise une résine composée de mélamine et de formaldéhyde, de base inoffensive mais susceptible de libérer des substances toxiques dans les aliments lorsqu’elle est soumise à de fortes températures.

 

L’utilisation du terme “bambou” porte à confusion

En Europe, tout matériau contenant de la mélamine est apparenté à du plastique, et doit donc répondre, à ce titre, à des exigences bien spécifiques lorsqu’il est destiné à entrer en contact avec des aliments. La vaisselle en bambou en fait donc partie, bien que son appellation évoque – à tort – une origine totalement naturelle et écologique.

D’après un rapport du SGS France, l’utilisation du bambou n’a, en réalité, jamais été évaluée pour la fabrication de vaisselle et autres ustensiles de cuisine, car considéré à tort jusqu’à présent comme de la fibre de bois – autorisée – alors qu’il s’agit en réalité d’une plante. 

Une récente étude allemande menée par le Bundesinstitut für Risikobewertung (BfR), citée comme référence par les autorités belges, entre autres, a par ailleurs démontré que le processus de fabrication de ces produits n’était pas encore totalement maîtrisé et montrait encore de trop nombreux cas de migrations de mélamine vers les aliments.

Cette interdiction est donc nécessaire, tant qu’une réglementation plus spécifique n’est pas établie pour garantir la sécurité du consommateur.

Si en Belgique, l’AFSCA (Agence Fédérale pour la Sécurité de la Chaîne Alimentaire) a déjà annoncé des contrôles accrus dès le mois de mai, pour une disparition complète des produits controversés dès le deuxième trimestre 2021, on imagine qu’en France, c’est la DGCCRF (Direction Générale de la Concurrence, de la Consommation et de la Répression des Fraudes) qui sera chargée de cette mission. Elle n’a toutefois encore rien annoncé.

 

Inutile de jeter votre vaisselle actuelle pour autant

Concrètement, il n’est pas question de jeter toute votre vaisselle en bambou à la poubelle. Les produits en bambou, sur lesquels la fibre est visible et recouverts d’une couche de vernis, peuvent toujours être utilisés. Pour les reconnaître, sachez que les produits en bambou mélaminé ressemblent à du plastique, sans fibres, et avec une finition généralement matte. 

Si vous possédez déjà de la vaisselle identifiée comme telle, assurez-vous qu’elle ne fait l’objet d’aucun rappel de la part du fabricant. La plupart sont datés de 2020 et peuvent être identifiés au moyen du numéro de série du produit. Si tel est le cas, adressez-vous au magasin dans lequel vous avez acheté votre vaisselle, normalement tenu au remboursement. 

Sinon, vous pouvez continuer à utiliser votre vaisselle, à condition de ne l’utiliser que pour des aliments froids ou tièdes. Évitez le micro-ondes et préférez le lavage à la main. À la moindre fissure ou dégradation, mieux vaut par contre s’en débarrasser.

 

Des alternatives sérieuses existent

Bien sûr, la vaisselle mélaminée sans fibres de bambou sera toujours disponible dans les rayons des magasins, à condition de respecter les normes en vigueur. Elle est toutefois fréquemment controversée, tout comme le plastique de manière générale, pour la potentialité de transfert de microparticules dans les aliments lorsqu’elle est soumise à la chaleur.

En pratique, la solution idéale reste le verre ou la céramique, qui ont l’avantage d’être complètement safe d’un point de vue composition, mais l’inconvénient d’être plus fragiles à l’utilisation. 

On aime particulièrement l’initiative de Beaba, marque de puériculture française qui s’est associée à Duralex pour proposer un coffret repas pour enfant en verre, où chaque pièce est munie d’une ventouse en silicone pour faciliter son maintien.

Le verre est par ailleurs une alternative de plus en plus plébiscitée dans le cas des biberons, à l’instar de la gamme Avent que nous recommandons dans notre sélection

Pour les lunch box et les gourdes, destinés au transport, il est aussi possible de se tourner vers l’inox, assez pratique car léger et garanti sans transfert de goût métallique. Les thermos pour enfants de Skip Hop sont, par exemple, une solution intéressante pour les enfants en âge d’aller à l’école, mais on aime bien aussi la gourde d’apprentissage de Beaba pour remplacer le gobelet en plastique.

En bref, les solutions sont nombreuses ! Et vous, vous préférez quoi ? 

 

​​​​​​​​​​​​​​​​Son diplôme en communication et ses précédentes expériences professionnelles dans l’administratif ont développé chez elle un excellent sens critique et une rigueur exemplaire. Des valeurs indispensables pour analyser et comparer des centaines de produits avec objectivité. Maman de deux enfants, elle se sert aussi de son vécu pour évaluer la praticité des produits destinés aux tout-petits.