La précarité menstruelle est au centre du débat pour les droits des femmes

Publié le 8 mars 2021 

À l’occasion de la Journée Internationale des Droits des Femmes, il nous tient à cœur de nous pencher sur un sujet qui nous concerne toutes : les règles.
Pourtant, nous sommes loin d’être égales face aux menstruations : outre les différences liées au cycle, au flux, aux douleurs, au syndrome pré-menstruel, etc., nombreuses sont les personnes réglées à ne tout simplement pas avoir accès à des protections convenables.

 

Presque 2 millions de femmes concernées en France

Selon une étude réalisée pour l’association Dons Solidaires en 2019, le nombre estimé de femmes vivant dans la précarité et n’ayant pas accès à des protections hygiéniques avoisinerait les 1,7 millions en France. C’est une problématique qui concerne entre autres les femmes et jeunes filles vivant avec peu de moyens, mais aussi les femmes sans-abri ou encore incarcérées. 

Or, ce manque d’accessibilité engendre potentiellement de nombreux problèmes : il peut en découler des risques liés à la santé (en raison du port trop long de la même protection ou de l’utilisation de matières non sûres pour la santé pouvant entraîner des problèmes gynécologiques) mais aussi psychologiques (décrochage scolaire, perte de confiance en soi…).

Et c’est aussi pour beaucoup, au final, une perte de dignité à laquelle tout le monde devrait avoir droit. 

Pour info, beaucoup entendent par “précarité menstruelle” non seulement le coût engendré par les protections en elles-mêmes, mais aussi les diverses dépenses liées aux règles, tels que les anti-douleurs par exemple, qui ne sont pour certaines pas à prendre à la légère. 

 

Des législations qui progressent petit à petit 

Pour une raison qui nous échappe, les protections hygiéniques ont longtemps été considérées comme des produits non-essentiels. Mais, au fil de ces dernières années, on a tout de même pu noter une évolution progressive visant à faciliter leur accessibilité.

Ainsi, en France, la fameuse “taxe tampon” a été revue à la baisse fin 2015, passant ainsi de 20 à 5,5 % et reconnaissant par la même occasion que les protections sont bien des produits de première nécessité. 

En Belgique, c’est en 2018 que les protections commencent à être taxées à 6 % au lieu des 21 % autrefois imposés. Et aujourd’hui, certains partis amènent le débat sur la table au gouvernement et demandent une analyse budgétaire dans le but de considérer la gratuité de ces produits d’hygiène. 

Source : Collectif Belges et Culottées

Mais alors, pourquoi pas une taxe 0 % ? En fait, si chaque pays peut décider librement du pourcentage appliqué, ils sont tout de même bridés par une directive européenne imposant une taxe ne pouvant pas être inférieure à 5 %. C’est donc bien avant toute chose au niveau de l’Europe que les changements doivent avoir lieu.  

Seule exception à la règle, l’Écosse vient d’approuver fin 2020 un projet visant à rendre les protections menstruelles accessibles gratuitement à toutes les femmes, devenant ainsi véritable pionnier à l’international. Et, conséquence du Brexit, le Royaume-Uni vient de réduire ce 1er janvier sa taxe tampon à 0 %. 

 

Vers la gratuité des protections pour les étudiantes

Heureusement, certaines voix commencent à être entendues par les autorités. Si le bien-être des étudiants est indéniablement mis à mal en cette période de crise, les difficultés de nombreuses étudiantes face à cette problématique en particulier ont été mises en lumière ces derniers mois dans la presse française.

Si certains collèges et universités avaient déjà mis en place un système d’accès gratuit à ce type de produit, le gouvernement français a annoncé il y a de cela quelques semaines l’installation de distributeurs de protections gratuites dans les résidences universitaires des CROUS (Centre Régional des Oeuvres Universitaires et Scolaires) et les Services de Santé Universitaires dès mars 2021. 

Pour la rentrée prochaine, l’accès sera élargi à l’ensemble des résidences et restaurants universitaires. Au total, le ministre de l’enseignement supérieur Frédérique Vidal annonce vouloir installer pas moins de 1500 distributeurs.

Il reste à déterminer la qualité de ces protections mises à disposition, en espérant voir s’imposer sur le marché des protections à la fois respectueuses de l’environnement ce dont le Ministre a promis de tenir compte et de la santé. 

Bien sûr, cette avancée ouvre un débat bien plus large sur la gratuité des produits de protection intime dans la globalité. Si on ne peut qu’espérer que le cas de l’Écosse devienne un modèle sur lequel de nombreux pays et l’Europe souhaiteront s’aligner, l’accès aux personnes défavorisées est déjà un premier pas vraiment primordial que nous ne pouvons que saluer et encourager. 

 

Des associations lancées pour pallier ces inégalités

S’informer sur le sujet, c’est être confronté(e) à une véritable prise de conscience lorsque l’on se rend compte que certaines femmes ne peuvent pas se permettre de dédier 5 à 10 € de leur budget par mois à l’achat de protections hygiéniques. Pourtant, il s’agit là réellement d’une question de justice sociale et d’égalité. 

Pour parer à ce déséquilibre, de nombreuses associations ont pour mission de fournir des protections aux femmes défavorisées tout en informant et éduquant sur le sujet, et appellent notamment au don de protections hygiéniques. 

Source : La Cité Fertile

Si vous souhaitez aider à faire la différence et que l’égalité et la dignité sont des valeurs qui vous tiennent à cœur, des associations spécifiques existent. En France, vous pouvez par exemple soutenir les actions de Règles Élémentaires, qui lutte contre la précarité menstruelle par la collecte et la sensibilisation. En Belgique, l’association Bruzelle remplit les mêmes objectifs. 

Pourquoi c’est important ? Parce que, qu’on le veuille ou non, qu’on ait les moyens de se protéger ou non, les règles, c’est tous les mois. On ne les évite pas en cas de budget mensuel trop serré !

Que ce soit pour briser le tabou, soutenir les femmes dans le besoin ou encore généraliser l’accès gratuit aux protections hygiéniques, nous aimons à croire que c’est dans la solidarité que naît le progrès. 

 

​​​​​​​​​​​​​​​​​​​​Dotée d'un esprit très critique, cette récente diplômée en Langues et Littérature est particulièrement sensible à la composition et à l’origine des produits. Que ce soit pour prendre soin de vous ou de vos animaux de compagnie, on peut lui faire confiance pour vous proposer des sélections clean et responsables.