La Chine revoit (enfin) sa réglementation de tests de cosmétiques sur les animaux

Publié le 02 février 2021 

2021 signe une belle avancée contre la cruauté envers les animaux dans le monde de la beauté. Dans quelques mois, les tests sur les animaux des cosmétiques français exportés en Chine ne seront officiellement plus obligatoires avant leur mise sur le marché. Une décision des autorités chinoises qui n’arrive pas trop tôt.

 

Des tests sur les animaux obligatoires pour exporter en Chine

Alors que les consommateurs sont de plus en plus nombreux à rechercher les labels Cruelty-free et les produits certifiés Vegan dans leur routine quotidienne, condamnant ainsi les tests réalisés sur les animaux en laboratoire pour juger de la qualité et la sûreté des produits cosmétiques, le secteur a encore des efforts à faire en ce sens. 

En effet, si ces types de tests sont interdits en Europe depuis 2009 (pour les produits finis) et 2013 (pour les ingrédients), certaines marques françaises bien connues se sont vu retirer leur label Cruelty-free en raison de leur présence sur le marché chinois. Car, en Chine, les autorités requièrent le test des produits importés sur les animaux pour s’assurer de leur conformité et leur sécurité avant d’être lancés sur le marché. 

Si la FEBEA (Fédération des Entreprises de la Beauté en France) souligne que ces tests sont menés par les autorités locales sur place et non par les marques elles-mêmes, il nous semble tout de même difficile d’ignorer le fait que ces mêmes marques semblent avoir choisi de fermer les yeux et ainsi valider indirectement ces pratiques en se lançant sur le marché chinois. 

Mais, plutôt que de jeter la pierre, il est intéressant de constater que, à force de faire pression sur le gouvernement chinois pour changer ces conduites et encourager de nouvelles méthodes de test, un changement a effectivement été mis en marche.  

 

Une nouvelle réglementation plus respectueuse

En 2020, la Chine a mis en place un nouveau projet de réglementation pour supplanter les anciennes régulations relatives aux cosmétiques. Suite à cela, une proposition a été faite afin de permettre l’exportation de produits de beauté étrangers dans le pays sans qu’ils aient à être testés sur les animaux. 

Si cette nouvelle loi doit encore être officiellement approuvée dans les prochains mois, le secteur semble partir du principe que le changement est acquis. Cette nouvelle réglementation concerne les produits dits « ordinaires », soit la plupart des soins habituels et du maquillage (à l’exception des protections solaires et des colorations). D’ailleurs, depuis 2014, ces types de produits ne sont déjà plus obligatoirement testés sur les animaux lorsqu’ils sont fabriqués en Chine. 

Et en pratique alors ? Les fabricants étrangers devront fournir des documents attestant de la bonne conformité et du respect des Bonnes Pratiques de Fabrication (BPF), délivrés par les autorités officielles du pays souhaitant exporter ses produits. 

En France, tout a déjà été mis en place pour que les entreprises puissent facilement faire leur demande. Elle s’impose ainsi comme le premier pays européen à pouvoir jouir de cette nouvelle réglementation grâce aux certificats délivrés. Bien sûr, il restera à déterminer si la procédure est fastidieuse et efficace ou non. Mais, dans tous les cas, l’effort en vaudra la peine.

 

Une belle avancée pour le bien-être animal, mais encore des efforts en perspective

Bref, la proposition est louable et indique un changement favorable pour le bien-être animal. Dans la même veine, de plus en plus d’améliorations sont à relever, comme la toute récente décision de L’Oréal de ne plus utiliser de poils d’origine animale pour fabriquer leurs pinceaux et brosses. 

Pourtant, si une victoire a été remportée, la bataille reste rude et toujours d’actualité. Par exemple, il arrive que la loi puisse être contournée et que certains ingrédients utilisés dans les cosmétiques soient testés dans d’autres domaines, dans lesquels l’interdiction n’est pas (encore) en vigueur. 

De même, d’autres pays ont encore du chemin à parcourir. Aux États-Unis notamment, la FDA (Food & Drug Administration), responsable de la sûreté des produits cosmétiques, tolère les tests sur les animaux lorsqu’ils sont jugés nécessaires par les fabricants. 

Pourtant, d’autres solutions existent : nous attendons donc de voir se généraliser l’utilisation de méthodes alternatives pour approuver les produits cosmétiques et qu’enfin cessent les pratiques indécentes responsables de souffrance animale. 

En tant que consommateurs, nous avons le pouvoir de s’opposer à de telles pratiques en privilégiant notamment les produits labellisés (Leaping Bunny, One Voice, Vegan ou même Slow-cosmétique). Et, heureusement, grâce à la nouvelle réglementation, de nombreuses marques françaises devraient rapidement (re)devenir accessibles aux utilisateurs qui se sentent concernés par la problématique. 

 

​​​​​​​​​​​​​​​​​​​​Dotée d'un esprit très critique, cette récente diplômée en Langues et Littérature est particulièrement sensible à la composition et à l’origine des produits. Que ce soit pour prendre soin de vous ou de vos animaux de compagnie, on peut lui faire confiance pour vous proposer des sélections clean et responsables.