Et si au lieu de jeter, on réparait ? Focus sur le nouvel indice de réparabilité

Publié le 13 janvier 2021 

L’indice de réparabilité vise à encourager la production et l’achat d’appareils durables. Il concerne, à ce jour, 5 grandes catégories de produits : smartphones, ordinateurs, TV, lave-linge et tondeuses à gazon électriques.
Entré en vigueur en France à partir du 1er janvier 2021, son absence sur les produits ne sera véritablement sanctionnable qu’à partir de janvier 2022. Comment fonctionne-t-il ? Petit tour d’horizon.

 

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Une lutte contre le gaspillage et l’obsolescence programmée 

L’indice de réparabilité, prévu dans la loi de février 2020 pour la lutte contre le gaspillage et l’obsolescence, vise à informer le consommateur et à réduire les utilisations de courtes durées, dans un souci d’économie et d’écologie (réduction des achats et des déchets). 

Il va être renseigné sous la forme d’une note sur 10 et d’un code couleur (du vert foncé pour les produits cochant le plus de cases au rouge). Celui-ci doit être affiché de manière visible dans la fiche de présentation du produit, à proximité du prix.

Contrairement à l’étiquette énergie apposée dans toute l’UE par les instances européennes, l’étiquette de réparabilité n’est par contre applicable, à ce jour, qu’en France. 

Afin de laisser un peu de temps aux fabricants, ceux-ci ont un an pour se conformer à la nouvelle législation. C’est seulement à partir de janvier 2022 que des sanctions seront posées en cas de manquement. 

Applicable sur tous les produits concernés en ligne comme en magasin, il implique les producteurs, les importateurs, les distributeurs ou tout autres metteurs sur le marché d’équipements électriques ou électroniques. Ceux-ci doivent fournir aux consommateurs curieux un tableau détaillé des critères considérés dans la note finale.

 

Les différents critères de réparabilité

La note est définie sur 100 par les constructeurs selon 5 critères (chacun évalué sur 20) : la durée de mise à disposition de la documentation technique, la facilité de démontage et d’accès aux pièces, la durée de disponibilité des pièces détachées et leur délai de livraison, le prix des pièces détachées par rapport au prix de l’équipement neuf, et un 5ème critère spécifique à chaque catégorie de produits. 

Dans le cas d’un lave-linge, par exemple, la présence d’un compteur d’usage, d’une assistance à distance ou la possibilité d’une réinitialisation logicielle seront prises en compte. Pour information, vous trouverez les critères et sous-critères sur ces liens : smartphones, ordinateurs portables, téléviseurs, lave-linge.

Le but du gouvernement est « d’atteindre 60 % de taux de réparation des produits électriques et électroniques d’ici 5 ans ». Selon Véronique Riotton, députée LREM de la 1ère circonscription de Haute-Savoie, l’objectif est d’encourager les industriels à mieux écoconcevoir leurs produits pour qu’ils durent plus longtemps et qu’ils soient plus facilement réparables.

 

Des consommateurs mitigés sur cet indice…

L’utilité et l’efficacité d’un tel indice font cependant débat auprès des consommateurs. Une question taraude particulièrement les plus dubitatifs : quid du prix de la main d’œuvre ? 

Une question légitime qui cible la petite bête noire de ce système : le prix de la réparation. Il est en effet difficile d’inclure cette donnée dans l’indice et de fixer un prix de référence, car le prix de la réparation varie d’un réparateur à l’autre. D’autres s’interrogent également sur l’implication des constructeurs dans leurs notes.

En outre, si cet indice peut être intéressant pour des machines comme les lave-linge, difficile d’en être aussi convaincu pour les autres produits, comme les smartphones qui sont soumis davantage à un effet de mode. 

Pour d’autres, cette décision semble favorable : elle devrait montrer que la réparation peut avoir un impact positif d’un point de vue écologique et économique. En outre, les plus bricoleurs d’entre nous seront contents de pouvoir obtenir un manuel détaillé pour réparer eux-mêmes leurs produits (ce qui est déjà le cas pour certains produits). Cet indice permet aussi aux consommateurs d’être informés, et donc d’acheter en connaissance de cause.

Certains consommateurs souhaiteraient qu’il soit introduit dans d’autres pays, comme l’a été l’étiquette énergie, afin que les fabricants (et plus particulièrement ceux qui sont impliqués dans des volumes de ventes importants) se sentent davantage concernés.

 

Des objectifs à long terme 

Finalement, l’objectif de cet indice de réparabilité nous semble tout à fait louable (augmenter le taux de réparation des produits électroniques, diminuer les déchets, etc.), bien qu’il soit critiqué par certains consommateurs. 

Il faut aussi savoir qu’un autre indice se prépare, concernant, cette fois, la durabilité. Celui-ci permettra de noter la fiabilité et la robustesse des produits sur la base de critères vérifiables et reproductibles. Celui-ci devrait revenir sur le devant de la scène après 3 ans de retours sur l’indice de réparabilité. Affaire à suivre ! 

 

​​​​​​​​​​​​​​​​Curieuse et avisée, cette diplômée en communication et rédactrice depuis plus d’un an chez Selectos a déjà plus de 100 sélections à son actif. Sélectionneuse chevronnée, elle se sert avec brio de ses dix doigts pour la rédaction, mais fait aussi preuve de dextérité et de compétence en cuisine et en bricolage, qui sont ses domaines de prédilection.


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