Crème solaire : filtre chimique ou filtre minéral ?

Publié le 13 avril 2021 

Au retour des beaux jours, revient la question du choix de sa crème solaire. Au-delà du format et de l’indice UV, pour certains, c’est la composition qui prime et le sujet devient un vrai casse-tête.
Filtre chimique ou filtre minéral : quelle est la différence ? L’un est-il vraiment meilleur que l’autre ? Nous faisons le point sur la situation.

Crème solaire

 

Les filtres chimiques au coeur de controverses pour notre santé

Largement utilisés dans les produits de protection solaire conventionnels, les filtres chimiques pénètrent dans la peau et absorbent les rayons nocifs du soleil pour nous en protéger. Capables de filtrer aussi bien les UVB que les UVA, ils offrent ainsi une protection optimale. 

Notez que, de par leur fonctionnement, il faut attendre 20 à 30 minutes après application de la crème pour qu’elle commence à être efficace.

Là où le bât blesse, c’est au niveau de leur composition et des conséquences de celle-ci sur notre santé, avec en ligne de mire la question des perturbateurs endocriniens. Ces substances bousculent le fonctionnement normal du système hormonal ou reproducteur, et peuvent notamment être responsables du développement de cancers.  

Si leur utilisation et leur concentration sont bien entendu soumises à des réglementations européennes, ils posent néanmoins fortement question et sont actuellement minutieusement étudiés. Par prudence, il est donc plus sûr de les éviter au possible. 

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Pour avoir une idée générale des composants les plus controversés, vous pouvez par exemple vous référer à des applications comme INCI Beauty ou Yuka ou encore au glossaire de La Vérité sur les Cosmétiques.

L’octocrylène en particulier est un ingrédient à garder à l’œil. Ce filtre chimique fait l’objet d’une étude récente qui a observé qu’il libérait une molécule soupçonnée cancérigène qui s’accumule au fur et à mesure dans les cosmétiques. 

Ce phénomène assez inquiétant met aussi en évidence la question de la durée d’utilisation des crèmes solaires après ouverture. Si, selon une série de tests menés par Test-achats, la protection solaire serait toujours efficace passé le délai de 12 mois souvent recommandé, la dégradation des filtres chimiques incite à la prudence. 

Si certains estiment que les consommateurs n’ont simplement qu’à respecter la date limite indiquée par les fabricants et si ceux-ci se défendent en insistant sur le fait qu’aucun seuil n’est dépassé, on estime pour notre part qu’il serait bien plus simple et respectueux que les fabricants proposent (enfin) des produits sûrs et non controversés dès le départ.

 

Les filtres minéraux, pas forcément plus sûrs 

Autre solution pour se protéger : opter pour des filtres minéraux. Privilégiés par les marques naturelles et/ou bio, ils sont aussi fréquents dans les cosmétiques conventionnels (dans lesquels il n’est pas rare de voir filtres chimiques et minéraux associés). Ces protections minérales, on les retrouve sous forme de dioxyde de titane et d’oxyde de zinc. 

Contrairement à leurs concurrents chimiques, ils agissent principalement de manière mécanique en formant à la surface de la peau une barrière physique qui reflète les rayons nocifs du soleil. Ce type de protection est donc efficace dès l’application de la crème solaire. 

Crème solaire

Si elles apparaissent de prime abord comme l’alternative idéale, le constat n’est, dans la réalité, pas si simple. 

En effet, les crèmes solaires bio ne remportent pas toujours les meilleurs scores selon les tests menés par les associations de défense des droits des consommateurs. L’UFC Que Choisir comme 60 Millions de Consommateurs signalent ainsi une protection contre les UVA qui laisserait à désirer. 

Pourtant, La Vérité sur les Cosmétiques, véritable référence dans le domaine, demande une remise en perspective : en effet, les résultats obtenus dépendraient des méthodes de test rarement spécifiées utilisées pour juger de l’efficacité des crèmes solaires avec filtres minéraux contre les UVB et UVA. 

Outre les questions de protection à proprement parler, les composants en eux-même (l’oxyde de zinc comme le dioxyde de titane) essuient aussi actuellement quelques retours de flamme. Surtout controversés dans les produits susceptibles d’être inhalés ou ingérés, ils posent pour certains question dans les protections solaires en raison de leur présence sous forme de nanoparticules.

En effet, il n’est pas rare de voir la taille de molécules (dans ce cas précis, de dioxyde de titane par exemple) fortement réduite à diverses fins, si bien qu’elles deviennent plus petites qu’une cellule et sont donc susceptibles de pénétrer dans la peau et notre organisme. Les effets de ces nanoparticules sur notre santé étant encore très peu connus, la méfiance est souvent de mise. 

Dans le doute, l’idéal est d’opter pour une crème exempte de nano ce qui est cependant plus facile à dire qu’à faire. Un bon indice ? Plus une crème est blanche et épaisse sur la peau, plus il y a de chance pour qu’elle contienne peu de nano. En effet, les fabricants ont surtout réduit la taille des molécules pour assurer une application plus agréable ce qui se révèle au final être une fausse bonne idée… 

Autre astuce : vous pouvez privilégier les produits labellisés Nature & Progrès, Natrue, Soil Association et USDA Organic, dont la charte exclut l’utilisation d’ingrédients sous forme nano (contrairement à la charte Cosmébio, qui les accepte dans les crèmes solaires uniquement). 

 

Quid de l’écosystème marin ? 

Chaque année, des tonnes de crèmes solaires se retrouvent dans les mers et océans. De nombreux consommateurs se sentent concernés par la problématique et espèrent dénicher LA crème solaire inoffensive pour l’écosystème marin, mais les perspectives sont aujourd’hui plutôt limitées : aucune protection, qu’elle soit chimique ou minérale, ne semble sans risque pour les océans

Dans tous les cas, il est vivement conseillé d’éviter les protections contenant de l’octocrylène, de l’oxybenzone et de l’octinoxate, dont les effets néfastes sur les récifs de corail, qu’ils blanchissent, sont bien connus. Depuis 2021, Hawaï a d’ailleurs interdit l’utilisation de ces deux derniers pour protéger son écosystème. 

Crème solaire

En plus, les filtres chimiques sont typiquement d’origine synthétique et pétrochimique : les processus de fabrication liés à cette industrie sont rarement salués pour leur impact sur l’environnement…

Aujourd’hui, les solutions minérales semblent être les plus sûres, mais posent tout de même aussi question à plus long terme : l’oxyde de zinc, surtout, présente une certaine toxicité pour la faune marine. En plus, bien qu’ils soient naturels, ces minéraux ne sont forcément pas biodégradables. 

Outre ces filtres, il peut être intéressant de prêter attention au reste de la composition de la crème solaire utilisée, et d’opter pour une formule la plus respectueuse et biodégradable possible. Le label Nordic Swan ou le logo Ocean Respect sont par exemple de bons indicateurs d’une formule plus éco-responsable. 

 

Des conclusions peu éclairantes

En résumé, au vu des informations et études actuelles, il est bien difficile de savoir vers quel type de protection se diriger. 

Si les filtres chimiques assurent une protection efficace consensuelle aussi bien contre les UVB que les UVA, leurs conséquences à plus long terme sur la santé posent fortement question. S’il faut bien penser à attendre une trentaine de minutes après application avant de s’exposer, les crèmes solaires avec protection chimiques sont par contre souvent faciles et agréables à étaler sur la peau.  

De l’autre côté, les filtres minéraux semblent pour l’instant plus sûrs pour notre santé, pour peu qu’ils ne soient pas utilisés sous forme de nanoparticules dont les effets sont encore méconnus. Par contre, certaines études semblent conclure à une efficacité moindre contre les UVA. Et si ces crèmes ont l’avantage d’être immédiatement efficaces après l’application, leur texture plus épaisse et blanche est parfois jugée moins agréable. 

Alors qu’aucune solution n’est à première vue 100 % convaincante, c’est au final vraiment à chacun(e) de faire son choix selon ses propres valeurs, la praticité des produits, leur utilisation etc. 

 

Et vous, accordez-vous une importance particulière à la composition de vos crèmes solaires ou cherchez-vous uniquement la meilleure efficacité ? N’hésitez pas à nous laisser vos impressions en commentaire et à consulter nos comparatifs dédiés aux crèmes solaires adulte et enfant si vous êtes en panne d’inspiration. 

 

​​​​​​​​​​​​​​​​​​​​Dotée d'un esprit très critique, cette récente diplômée en Langues et Littérature est particulièrement sensible à la composition et à l’origine des produits. Que ce soit pour prendre soin de vous ou de vos animaux de compagnie, on peut lui faire confiance pour vous proposer des sélections clean et responsables.